Les « fils à papa », l’Open VLD connaît. Walter Pauli du Morgen développait récemment l'analyse suivante: si le parti libéral flamand peine à trouver un digne successeur à Guy Verhofstadt, c’est en partie du à la place prépondérante qu’occupent les « filles et fils de » : Jean-Jacques De Gucht, Mathias De Clercq, Alexandre De Croo, Eva Vanhengel, etc. Pas que ces jeunes soient dépourvus de qualités. Non, leur faiblesse tient au fait que leur position n’est pas l’aboutissement du parcours à obstacle classique, que le commun des mortels attiré par les sirènes politiques est invité à traverser, avec l'aide de ses seuls coudes. Devenir paracommando sans avoir passé les étapes de la lourde sélection. Pauli prend l’exemple du pamphlet du jeune De Clercq : Pleidooi voor een nieuw liberaal offensief. S’il n’avait été écrit par le petit-fils de Willy, l’ouvrage aurait été descendu en flammes. Mais non, les critiques sont bienveillantes et l’auteur est aujourd'hui persuadé d’avoir apporté une contribution remarquable à la pensée politique.
La tradition de l’héritage professionnel est particulièrement présente dans certains milieux: fiston prend le relais de papa avocat, médecin, notaire ou politique. Nier qu’il bénéficie d’une prime de départ serait malhonnête sur le plan intellectuel; mais cette prime, fiston l'exploitera avec plus ou moins de talent. Prenez, au hasard, Charles Michel et Denis Ducarme.
C’est sur la durée qu’on apprécie. Souvent d’ailleurs, le processus de transmission prend du temps: Roger Vanden Stock est resté dans l’ombre de son père durant des années et ce n’est que petit à petit qu’il s’est forgé sa légitimité.
Depuis que Jean Sarkory -23 ans, fils du Président français- s’intéresse à la politique (deux ans environ), les portes ne cessent de s’ouvrir pour lui (bientôt peut-être celles de la présidence de l'EPAD, établissement public de gestion du quartier de la Défense à Paris, le plus grand quartier d'affaires européen). Qui croit, sincèrement, que ce serait au vu de ses talents ? Au plus les portes s’ouvrent, au plus Jean croit, comme Mathias, que, bon politique et compétent, il occupe la place qu’il mérite. En soi, Jean n’y peut rien. On lui fait croire et il croit. Il serait vraiment génial s’il doutait.
Malheureusement, ce ne sont pas les dernières interventions de ses partisans (surtout partisans de papa) qui stimuleront son sens critique.
Luc Chatel, Porte-Parole du Gouvernement français et Ministre de l’Education nationale, lance, irrité, «cette affaire commence à suffire! On a vraiment le sentiment d’une chasse à l’homme. Tous ceux qui interviennent sur cette question, que veulent-ils? Ils veulent interdire l’élection à un candidat de par son origine sociale, son nom, son faciès? C’est ça la République?». L’expression du ministre révèle de l'autosatisfaction revancharde, fier d’avoir renvoyé à ses opposants leurs formules habituelles. Il ne semble pas (encore) avoir mesuré l’ineptie de ses propos.
Pire. Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, qui se dit touchée par le « jugez-moi sur mes actes » du petit Jean, déclare : « ce pays a peur de sa jeunesse ». Affreux détournement de slogan.
Quand on est à court d’argument, on ne fait plus dans la dentelle.
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